Programme « Histoire et dictionnaire du monachisme »
Responsable : Daniel-Odon HUREL
Programme « Héritage byzantin en Italie »
Responsable : Annick PETERS-CUSTOT, avec Jean-Marie MARTIN (CNRS) et Vivien PRÉGENT (Université d'Aix-Marseille)
Responsable : Daniel-Odon HUREL
Les grandes synthèses monastiques sont rares, surtout lorsqu'elles ont pour objet de renouveler l'historiographie et de bousculer les frontières religieuses et culturelles. Au XVIIe siècle, les travaux érudits en matière d'hagiographie et d'histoire monastique ont permis des avancées significatives, directement ou indirectement, en particulier en matière d'histoire du monachisme le plus souvent occidental (Le Nain de Tillemont, Yepès, Bucelin, Holstenius, Louis Bulteau et Mabillon). Au XIXe siècle, en particulier en France, la restauration monastique suscite ou accompagne des travaux importants qui nourrissent la grande synthèse de Montalembert dans les années 1840-1860. Au XXe siècle, si la plupart des ordres religieux font l'objet de monographies, l'histoire des ordres monastiques dans leur ensemble n'a pas fait l'objet de grande synthèse, si on excepte le « Que sais-je » de dom Jacques Dubois, dans les années 1980, sorte d'esquisse d'un projet d'ensemble conséquent et novateur.
L'ouvrage devrait être publié chez CNRS-Editions.
Ce projet éditorial est conçu comme un travail collectif réunissant des chercheurs confirmés et des doctorants et jeunes chercheurs. Il est divisé en deux parties. La première est une histoire chronologique dans laquelle l'histoire comparée des monachismes orientaux et occidentaux sera menée. La seconde est un dictionnaire dont les entrées seront à la fois des lieux, des noms de personnes, des ordres et des congrégations monastiques mais aussi des « notions » ou concepts permettant de mettre en perspective certains éléments originaux et spécifiques.
L'ouvrage devrait être publié chez CNRS-Editions.
Ce projet éditorial est conçu comme un travail collectif réunissant des chercheurs confirmés et des doctorants et jeunes chercheurs. Il est divisé en deux parties. La première est une histoire chronologique dans laquelle l'histoire comparée des monachismes orientaux et occidentaux sera menée. La seconde est un dictionnaire dont les entrées seront à la fois des lieux, des noms de personnes, des ordres et des congrégations monastiques mais aussi des « notions » ou concepts permettant de mettre en perspective certains éléments originaux et spécifiques.
Programme « Héritage byzantin en Italie »
Responsable : Annick PETERS-CUSTOT, avec Jean-Marie MARTIN (CNRS) et Vivien PRÉGENT (Université d'Aix-Marseille)
Cette enquête voudrait évaluer, dans un certain nombre de domaines, l'empreinte durable laissée par la domination byzantine après la fin de celle-ci dans les régions où elle s'est exercée, c'est-à-dire tenter de dégager les caractères originaux qui, au cœur du Moyen Âge, peuvent distinguer les régions autrefois byzantines (régions de Venise, Ravenne, Rome, Naples, accessoirement Sicile et Sardaigne) de celles de tradition lombarde. Dans ces territoires, la nature de l'héritage byzantin est a priori double. D'une part, leur maintien dans l'Empire leur a évité la rupture provoquée par l'invasion lombarde, et a donc permis de conserver un certain nombre d'éléments antiques moins dénaturés qu'ailleurs. D'autre part, l'Italie byzantine avait des contacts suivis avec l'Orient et, pour résister aux Lombards, l'Empire a imposé aux débris restés byzantins un gouvernement militaire, qui leur a fourni les bases d'une organisation sociale et politique durable.
Ce projet, inscrit au quadriennal de l'École française de Rome, propose cinq rencontres internationales sur quatre ans, articulées autour des grands thèmes suivants : la documentation (rencontre déroulée les 12 et 13 juin 2008 à Rome, à l'Istituto Storico Italiano per il Medio Evo) ; droit et structure familiale : survie d'un droit romain, nature, pratiques juridiques et onomastiques, etc. ; les institutions publiques ; habitat et structures agraires et enfin aspects culturels : copie et conservation d'œuvres latines antiques, traductions de textes orientaux, modèles hagiographiques, organisation et spiritualité monastiques...
Programme « Perception et influence du monachisme oriental dans l'occident méditerranéen (Moyen Âge et époque moderne) »
Responsables : Annick PETERS-CUSTOT et Daniel-Odon HUREL
Ce programme vise à évaluer de manière précise et rigoureuse, au-delà de la notion bien connue des « espaces de contact » entre Orient et Occident, l'empreinte laissée ou non, dans un certain nombre de domaines de la vie et de la pensée religieuses occidentales, par le ou les modèles monastiques orientaux, et en particulier byzantins. Il s'agit donc de percevoir l'influence orientale dans la vie religieuse du monde méditerranéen, et surtout, le traitement que les acteurs des évolutions de cette vie religieuse ont fait des caractères propres du monachisme oriental, pour les intégrer dans la justification de leurs réformes, en fonction de leur situation originelle propre.
On cherchera donc, en partant de situations particulières, à retracer l'histoire de la marque monastique orientale et de sa perception dans l'Occident au Moyen Âge et à l'époque moderne.
Les enjeux et les modalités des réformes monastiques occidentales sont en effet de mieux en mieux connus ; leur rattachement à la tradition orientale du monachisme est parfois explicitement manifeste, parfois seulement dessiné. Mais il semble surtout que, bien souvent, cette relation soit plus affective que réelle (cf. la réforme cistercienne de Rancé au XVIIe siècle), et que le contact avec l'altérité monastique, dans des espaces particuliers (Sicile, Italie méridionale, États latins d'Orient), ne contribue pas à améliorer la connaissance des réalités de ce monde religieux oriental, dont les nouvelles directions, prises au moins depuis le IXe siècle, sont en général restées inconnues de leurs contemporains occidentaux. Il convient donc de différencier le visage réel du monachisme oriental dans la pensée occidentale, du visage fantasmé, rêvé, projeté.
En effet, en étudiant l'évolution culturelle des communautés grecques de l'Italie méridionale après le départ byzantin de la péninsule (1071), l'on reste frappé par l'importance du décalage entre réalité vécue et réalité perdue, et surtout par le réemploi systématique, dans le monde occidental et chez ses réformateurs, d'une perception archaïque du monachisme oriental (dénommée, selon les sources, « grecque » ou « basilienne ») dans une zone supposée être « espace de contact ».
Parallèlement, la concentration géographique des mouvements de réforme monastiques occidentaux dans un même territoire au Moyen Âge (l'Italie méridionale et notamment sa partie la plus hellénisée au haut Moyen Âge, la Calabre), est suffisamment bien établie pour qu'on désire en savoir plus sur une empreinte qu'on peut, par ailleurs, observer ailleurs qu'en Italie méridionale, qui dépasse largement les limites médiévales et se retrouve, par moment, à l'époque moderne (Venise, Espagne, Liban maronite et melkite). On peut donc légitimement se poser des questions sur la permanence (ou non) des mêmes lieux communs occidentaux sur le monde monastique oriental, de saint Benoît de Nursie à la papauté post-tridentine.
Le phénomène est particulièrement établi dans le monde méditerranéen occidental, qui a été un laboratoire des réformes de la vie religieuse en même temps qu'un espace de constante évaluation et transmission de l'héritage oriental. Dans cet espace, l'Italie joue un rôle moteur et se place au centre de nos préoccupations, car elle unit un territoire de contact, l'Italie méridionale (ainsi que la Sicile) et un centre de réflexion et de gestion des questions religieuses, à Rome, avec la papauté. Il est toutefois probable que nous serons entraînés hors de cette zone, par exemple dans la péninsule ibérique ou la France méridionale.
Ce projet, inscrit au quadriennal de l'École française de Rome, propose cinq rencontres internationales sur quatre ans, articulées autour des grands thèmes suivants : la documentation (rencontre déroulée les 12 et 13 juin 2008 à Rome, à l'Istituto Storico Italiano per il Medio Evo) ; droit et structure familiale : survie d'un droit romain, nature, pratiques juridiques et onomastiques, etc. ; les institutions publiques ; habitat et structures agraires et enfin aspects culturels : copie et conservation d'œuvres latines antiques, traductions de textes orientaux, modèles hagiographiques, organisation et spiritualité monastiques...
Programme « Perception et influence du monachisme oriental dans l'occident méditerranéen (Moyen Âge et époque moderne) »
Responsables : Annick PETERS-CUSTOT et Daniel-Odon HUREL
Ce programme vise à évaluer de manière précise et rigoureuse, au-delà de la notion bien connue des « espaces de contact » entre Orient et Occident, l'empreinte laissée ou non, dans un certain nombre de domaines de la vie et de la pensée religieuses occidentales, par le ou les modèles monastiques orientaux, et en particulier byzantins. Il s'agit donc de percevoir l'influence orientale dans la vie religieuse du monde méditerranéen, et surtout, le traitement que les acteurs des évolutions de cette vie religieuse ont fait des caractères propres du monachisme oriental, pour les intégrer dans la justification de leurs réformes, en fonction de leur situation originelle propre.
On cherchera donc, en partant de situations particulières, à retracer l'histoire de la marque monastique orientale et de sa perception dans l'Occident au Moyen Âge et à l'époque moderne.
Les enjeux et les modalités des réformes monastiques occidentales sont en effet de mieux en mieux connus ; leur rattachement à la tradition orientale du monachisme est parfois explicitement manifeste, parfois seulement dessiné. Mais il semble surtout que, bien souvent, cette relation soit plus affective que réelle (cf. la réforme cistercienne de Rancé au XVIIe siècle), et que le contact avec l'altérité monastique, dans des espaces particuliers (Sicile, Italie méridionale, États latins d'Orient), ne contribue pas à améliorer la connaissance des réalités de ce monde religieux oriental, dont les nouvelles directions, prises au moins depuis le IXe siècle, sont en général restées inconnues de leurs contemporains occidentaux. Il convient donc de différencier le visage réel du monachisme oriental dans la pensée occidentale, du visage fantasmé, rêvé, projeté.
En effet, en étudiant l'évolution culturelle des communautés grecques de l'Italie méridionale après le départ byzantin de la péninsule (1071), l'on reste frappé par l'importance du décalage entre réalité vécue et réalité perdue, et surtout par le réemploi systématique, dans le monde occidental et chez ses réformateurs, d'une perception archaïque du monachisme oriental (dénommée, selon les sources, « grecque » ou « basilienne ») dans une zone supposée être « espace de contact ».
Parallèlement, la concentration géographique des mouvements de réforme monastiques occidentaux dans un même territoire au Moyen Âge (l'Italie méridionale et notamment sa partie la plus hellénisée au haut Moyen Âge, la Calabre), est suffisamment bien établie pour qu'on désire en savoir plus sur une empreinte qu'on peut, par ailleurs, observer ailleurs qu'en Italie méridionale, qui dépasse largement les limites médiévales et se retrouve, par moment, à l'époque moderne (Venise, Espagne, Liban maronite et melkite). On peut donc légitimement se poser des questions sur la permanence (ou non) des mêmes lieux communs occidentaux sur le monde monastique oriental, de saint Benoît de Nursie à la papauté post-tridentine.
Le phénomène est particulièrement établi dans le monde méditerranéen occidental, qui a été un laboratoire des réformes de la vie religieuse en même temps qu'un espace de constante évaluation et transmission de l'héritage oriental. Dans cet espace, l'Italie joue un rôle moteur et se place au centre de nos préoccupations, car elle unit un territoire de contact, l'Italie méridionale (ainsi que la Sicile) et un centre de réflexion et de gestion des questions religieuses, à Rome, avec la papauté. Il est toutefois probable que nous serons entraînés hors de cette zone, par exemple dans la péninsule ibérique ou la France méridionale.

